Ce week-end était d’une importance "capitale" pour mon fils cadet qui nous présentait sa belle-famille. Il y a déjà un an que nous connaissons sa compagne, mais c’est une jeune femme qui déteste être brusquée, qui aime prendre son temps pour prendre une décision, d’autant plus si elle est sérieuse, mais qui en revanche va jusqu’au bout de ses choix lorsqu’elle les a faits. Bref, ce n’est que maintenant qu’elle s’est sentie prête à une rencontre avec ses parents, du moins c’est ce que j’ai supposé, et nous sommes donc "montés" à la capitale pour 3 petits jours.  Dans une très jolie petite ville de la banlieue ouest plus exactement, ville où la maman d’A. travaille au sein d’une association qui gère les spectacles des différents théâtres et autres lieux de divertissements. Elle a donc proposé une sortie pour voir la dernière représentation d’un spectacle sous chapiteau, intitulé "Pour le meilleur et pour le pire". Je me suis demandé s’il fallait y voir un message subliminal de la part de nos jeunes… ???

Ils sont 2. Lui, c’est une espèce de montagne de muscles aux cheveux bruns et follement bouclés, et doté d’une barbe mal taillée : une espèce de jeune dieu duquel émane une force impressionnante. Elle, c’est une toute petite chose blonde. Elle est minuscule, et même si l’on aperçoit des muscles longilignes et parfaitement dessinés, elle dégage une impression de fragilité, renforcée par un tout petit visage d’enfant coiffé de très courts cheveux raides. Elle m’a rappelé  Giulietta Masina dans La Strada, sauf qu’elle pétait la joie de vivre !

Cirque Aïtal-01

Ils nous racontent une banale histoire d’amour, une rencontre, la séduction, les premières brouilles, les grosses engueulades, les réconciliations, bref, l’amour… Au préalable, il faut que je vous dise que je déteste le cirque. Quand j’étais petite, il y avait régulièrement des petits chapiteaux qui s’installaient le temps d’un week-end et c’était un évènement à la mesure de ce petit village de campagne et une "sortie" incontournable. C’était toujours des petits cirques plutôt minables, ceux qu’on a vu disparaître petit à petit le long de nos chemins, ceux qui ont laissé beaucoup de nostalgie dans le cœur des plus anciens d’entre nous. Mais pas dans le mien… Je n’ai gardé de ces moments que le souvenir de clowns qui essayaient désespérément d’être drôles mais que je trouvais lamentables, voire poignants ou effrayants, de costumes dont les paillettes ne brillaient plus depuis longtemps, de numéros minables. Je me rappelle également la tristesse que je ressentais à la vue de ces animaux contre nature qui obéissaient aux ordres débiles qu’on leur donnait au lieu de gambader en liberté dans leur milieu naturel. Je hais le cirque…

Pourtant, ce petit spectacle m’a beaucoup plu. Il y avait la force du jeune Victor, la grâce de la jeune et émouvante Katy, amoureux à la scène comme à la ville. Il y avait l’émotion, l’humour. Pendant une courte heure, mes yeux n’ont pas quitté la scène une minute, profitant de chaque cabriole, de chaque acrobatie, de chaque sourire.

Cirque Aïtal-02

La toute dernière partie a laissé planer une espèce d’enchantement qui a frappé tout le monde : au son de la chanson "Le vent t’emportera" de Noir Désir, vraisemblablement interprétée par Katy elle-même, nous avons assisté à l’évocation de la colère et de la tristesse de l’héroïne blessée qui se heurtaient à la patience et à l’amour du jeune dieu amoureux. C’était emprunt d’une immense grâce, empli d’émotion…

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Je n’ai pas été la moins enthousiaste des spectateurs au moment des applaudissements !