Un peu de moi...et caetera...

04 mars 2012

Mon bel oranger (José Mauro de Vasconcelos)

(Aucun lien avec le titre...)


J'avais un très joli citronnier. Hélas il n'a pas survécu aux températures sibériennes que nous avons supportées ici. J'ai trouvé son successeur samedi en faisant mes courses. Le magasin venait de les recevoir et je suis sûre qu'à deux jours près, il n'en serait pas resté un seul tellement ils étaient beaux. En plus, le kumquat que j'ai choisi croule sous les fruits mûrs et cela va rembourser au moins le tiers de son prix !


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La petite fille de ses rêves

Des cheveux soyeux encadrent son visage d’enfant, sa robe blanche ondule autour d’elle. Elle a onze ans, son corps flotte dans un canal de Venise. Qui est-elle ? Seuls indices sur son identité : des bijoux trouvés dans ses vêtements. Meurtre ou accident ? La petite noyée hante les rêves de Brunetti. Il part sur ses traces et s’aventure en territoire inconnu : les camps de Roms en marge de la ville. Auteur : Donna Leon.

C’est le livre que je viens de terminer. Je ne sais pas ce qu’il se passe, mais c’est au moins le troisième livre que je trouve nul de chez nul. Celui-ci, c’est de la daube. Au début, le commissaire enterre sa mère et retrouve à cette occasion un ancien ami de son frère, devenu missionnaire et qui lui fait part de son inquiétude au sujet d’un gourou qui est en train de spolier le fils de son "amie".  Cela dure environ un tiers du bouquin, mais on ne connaîtra jamais la conclusion de cette enquête parallèle…qui manque par ailleurs complètement d’intérêt.  Ensuite, le corps de la petite fille est découvert : suspense de quelques pages et on sait déjà qui elle est et comment elle est morte. A partir de là, on se demande de quoi l’auteur va bien pouvoir parler. Environ un autre tiers du bouquin relève du guide touristique de Venise, puisque les déplacements du commissaire y sont décrits par le menu, tel canal, tel pont, telle ruelle, tel monument… A nouveau sans aucun intérêt. Le reste, c’est de la philosophie et de la psychologie de bas étage -celles de ma concierge- et des fragments de l’histoire familiale et conjugale du (z)héros. Quant à la "chute"…ben…elle manque totalement d’intérêt !

J’ai quitté tout ce petit monde sans aucun regret et avec la certitude que je ne lirai jamais plus rien de cette Donna Leon…

Donna Leon



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02 mars 2012

Je hais le cirque... II

C’était il y a presque 2 ans. Au mois de mai 2010 précisément. Nous avions décidé de nous offrir une moto pour l’anniversaire de D., revenir à nos vieilles amours et réaliser un rêve : rouler en Italienne. Nous avions trouvé LA perle quelque part en région parisienne et nous étions donc "montés" pour finaliser l’acquisition.

Nous en avions profité pour jouer les touristes. Mais pour une fois, je n’avais pas réclamé Paris à cors et à cris comme d’habitude. Comme nous nous trouvions à côté d’Auvers sur Oise, j’ai eu envie de mettre mes pas dans ceux de Vincent Van Gogh. La balade nous a emmenés au château dont les jardins étaient en pleine floraison. Et à Auvers, lorsqu’on parle de fleurs, on parle d’iris… Il y en avait des dizaines et des dizaines, de toutes les couleurs, certaines que je connaissais, d’autres que je découvrais avec ravissement. Je me promenais et j’étais ailleurs lorsque cette musique arriva jusqu’à moi. Levant la tête, j’aperçus un groupe de jeunes qui manifestement répétaient un spectacle dans une partie du parc du château. Ils étaient gracieux, j’étais fascinée par leur harmonie, par leur légèreté. Je me suis arrêtée un long moment pour les admirer et pour me laisser envahir par ce morceau de musique qui repartait souvent du début pour permettre aux jeunes danseurs d’atteindre la perfection dans leurs mouvements : la même phrase musicale, et ce mot qui revenait sans cesse "Alegria", ce mot qui signifie "Allégresse".

De retour à la maison, je suis allée rechercher sur internet les références de cette chanson qui tournait en boucle dans ma tête. J’ai découvert que c’était la "BO" d’un spectacle du Cirque du Soleil, justement dénommé Alegria. J’ai voulu en savoir plus et je me suis attardée sur le site officiel de ce cirque canadien qui a plusieurs chapiteaux, certains "fixes", d’autres itinérants. J’ai été charmée, et même éblouie par les images que je voyais. Et lorsque je suis tombée sur son actualité et que j’ai vu qu’il se produisait à Lyon, je n’ai pas réfléchi deux heures pour me décider. Comme il s’installait juste pour une journée aux alentours de la date de mon anniversaire, je me suis fait mon cadeau.

Ce qui est drôle, c’est que (rappelez-vous que je hais le cirque) du coup je suis allée au cirque deux vendredis de suite ! Le Cirque du Soleil, c’est tout simplement magique… Les numéros sont juste merveilleux, mais il n’y a pas que ça. Au centre de la scène vous avez "le" numéro mais tout autour il se passe des choses : les clowns font leurs clowneries (à noter : non seulement je n’ai pas ressenti d’angoisse mais ils m’ont fait hurler de rire…), le Monsieur Loyal qui est un bossu genre Polichinelle dans la Commedia Dell’Arte se balade sur la scène avec d’autres "masques", les nymphes évoluent dans les taches de lumière. Les gens qui installent les agrès sont aussi gracieux que les artistes eux-mêmes, la musique est omni présente, chanteuse et orchestre. Les costumes sont magnifiques, la scène et les décors de même. Il faut avoir les yeux partout en même temps. Chaque détail a été pensé… En fait, ce n’est pas un spectacle de cirque, c’est carrément un ballet. Complètement baroque, le ballet, un très grand moment de pur bonheur… Mais je vais plutôt vous laisser regarder les photos. Elles vous diront tout et bien mieux que moi.

Au fait : je hais le cirque !


Les vieux oiseaux nostalgiques-03Les trampolines-01L'homme volant (3)

Les autres photos à voir dans l'album "Alegria"...



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26 février 2012

Je hais le cirque...

Ce week-end était d’une importance "capitale" pour mon fils cadet qui nous présentait sa belle-famille. Il y a déjà un an que nous connaissons sa compagne, mais c’est une jeune femme qui déteste être brusquée, qui aime prendre son temps pour prendre une décision, d’autant plus si elle est sérieuse, mais qui en revanche va jusqu’au bout de ses choix lorsqu’elle les a faits. Bref, ce n’est que maintenant qu’elle s’est sentie prête à une rencontre avec ses parents, du moins c’est ce que j’ai supposé, et nous sommes donc "montés" à la capitale pour 3 petits jours.  Dans une très jolie petite ville de la banlieue ouest plus exactement, ville où la maman d’A. travaille au sein d’une association qui gère les spectacles des différents théâtres et autres lieux de divertissements. Elle a donc proposé une sortie pour voir la dernière représentation d’un spectacle sous chapiteau, intitulé "Pour le meilleur et pour le pire". Je me suis demandé s’il fallait y voir un message subliminal de la part de nos jeunes… ???

Ils sont 2. Lui, c’est une espèce de montagne de muscles aux cheveux bruns et follement bouclés, et doté d’une barbe mal taillée : une espèce de jeune dieu duquel émane une force impressionnante. Elle, c’est une toute petite chose blonde. Elle est minuscule, et même si l’on aperçoit des muscles longilignes et parfaitement dessinés, elle dégage une impression de fragilité, renforcée par un tout petit visage d’enfant coiffé de très courts cheveux raides. Elle m’a rappelé  Giulietta Masina dans La Strada, sauf qu’elle pétait la joie de vivre !

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Ils nous racontent une banale histoire d’amour, une rencontre, la séduction, les premières brouilles, les grosses engueulades, les réconciliations, bref, l’amour… Au préalable, il faut que je vous dise que je déteste le cirque. Quand j’étais petite, il y avait régulièrement des petits chapiteaux qui s’installaient le temps d’un week-end et c’était un évènement à la mesure de ce petit village de campagne et une "sortie" incontournable. C’était toujours des petits cirques plutôt minables, ceux qu’on a vu disparaître petit à petit le long de nos chemins, ceux qui ont laissé beaucoup de nostalgie dans le cœur des plus anciens d’entre nous. Mais pas dans le mien… Je n’ai gardé de ces moments que le souvenir de clowns qui essayaient désespérément d’être drôles mais que je trouvais lamentables, voire poignants ou effrayants, de costumes dont les paillettes ne brillaient plus depuis longtemps, de numéros minables. Je me rappelle également la tristesse que je ressentais à la vue de ces animaux contre nature qui obéissaient aux ordres débiles qu’on leur donnait au lieu de gambader en liberté dans leur milieu naturel. Je hais le cirque…

Pourtant, ce petit spectacle m’a beaucoup plu. Il y avait la force du jeune Victor, la grâce de la jeune et émouvante Katy, amoureux à la scène comme à la ville. Il y avait l’émotion, l’humour. Pendant une courte heure, mes yeux n’ont pas quitté la scène une minute, profitant de chaque cabriole, de chaque acrobatie, de chaque sourire.

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La toute dernière partie a laissé planer une espèce d’enchantement qui a frappé tout le monde : au son de la chanson "Le vent t’emportera" de Noir Désir, vraisemblablement interprétée par Katy elle-même, nous avons assisté à l’évocation de la colère et de la tristesse de l’héroïne blessée qui se heurtaient à la patience et à l’amour du jeune dieu amoureux. C’était emprunt d’une immense grâce, empli d’émotion…

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Je n’ai pas été la moins enthousiaste des spectateurs au moment des applaudissements !



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12 février 2012

Coquetterie

Je n’ai jamais connu ma mère coquette. Pourtant, bien avant ma naissance, elle l’a été. C’était une fort jolie femme, elle est d’ailleurs aujourd’hui une très jolie vieille dame, et elle aimait à se mettre en valeur. Elle prenait soin de son abondante chevelure naturellement ondulée, de sa peau sans défaut. Elle avait un sourire à tomber et, seul maquillage qu’elle s’autorisât, elle le mettait en valeur par un rouge à lèvres discret. Elle a d’ailleurs conservé ce geste longtemps, c’est en la regardant faire que j’ai appris, et elle a continué à aimer se parfumer. De toute façon, aurait-elle voulu se "pomponner" davantage, avec mon père, c’était perdu d’avance tant il était… jaloux ? Borné ? Rétrograde ? Là n’est pas le sujet du jour.

 

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J’ai donc été à mauvaise école pour tout ce qui est coquetterie, séduction et autres simagrées… XD… Quand j’ai atteint l’âge où les sexes contraires s’attirent irrésistiblement, je n’avais à offrir qu’une nana à la peau récurée au savon noir et aux vêtements nickel. Mes parents n’avaient pas vraiment les moyens pour m’offrir les derniers trucs à la mode, mais ma mère n’aurait pas toléré que je ne sois pas impeccable. Je n’avais donc rien qui pût particulièrement charmer les garçons. Cela n’a pas empêché quelques amourettes sans importance, car si je n’étais pas un canon, je n’étais pas non plus repoussante. Mais on m’avait mis dans le crâne que les études devaient tout primer et je ne me préoccupais guère d’autre chose. Je suis ainsi arrivée en fac à l’âge de 17 ans…

 
Tu parles d’une aventure ! Je partageais un appartement avec ma sœur ainée et une de ses amies, une fille très libre, ce qui me changeait de mes fréquentations habituelles. Je me souviens entre autres qu’elle avait un ami avec lequel elle s’envoyait en l’air à n’importe quelle heure du jour et de la nuit et qu’elle jouissait en poussant de tels hurlements qu’on s’est souvent demandé, avec ma sœur, si elle n’en rajoutait pas un peu pour le fun. Il faut dire que son "ami" nous semblait bien minable et qu’il ne nous faisait vraiment pas envie ! XD… Mais cette "liberté" toute neuve qui me tombait dessus alors que j’étais si jeune m’a donné des idées à moi aussi. Cependant, je n’étais toujours pas portée sur les artifices et j’étais, plus que jamais, très nature. Ma tenue habituelle : jean, pull ou chemisette selon la saison et boots. Aucun maquillage, des cheveux mi longs qui ne voyaient le coiffeur qu’une fois par an, juste pour une coupe de quelques millimètres… De plus, j’avais choisi une option dans laquelle j’étais la seule nana pour une quinzaine de mecs. Je suivais entre autres des cours "d’atelier", où le port de la blouse et des chaussures de sécurité étaient obligatoires. Une incitation de plus à la féminité ! XD !
 
Mais je ne suis pas différente des autres et j’ai fini par tomber amoureuse d’un gars de ce cours. Il était plutôt beau gosse, il était doué pour tous ces trucs auxquels je ne comprenais rien parce qu’il venait d’une filière technique et donc il m’aidait quand j’en avais besoin, il avait son propre appartement, sa voiture… Non ! Je n’étais pas intéressée ! J’étais vraiment amoureuse de lui, et d’ailleurs je suis toujours mariée avec lui ! Non mais… C’est donc qu’il a bien voulu lever son regard vers moi, enfin le baisser plus exactement, malgré tout ce manque de féminité et de grâce. Il ne me demandait rien, n’exigeait rien… Sauf parfois que je porte une robe. Bah, quelquefois je lui faisais plaisir…
 
J’ai vieilli, j’ai appris. Peu de choses, mais je me maquille de temps à autre, je porte des vêtements plus féminins parfois, j’aime les bijoux et j’apprécie la belle lingerie. Mais il y a un truc que j’ai toujours détesté. Je n’ai jamais supporté le vernis à ongles. J’ai toujours trouvé que c’était du dernier vulgaire, surtout quand il est rouge vif. Dimanche dernier, il faisait très, très froid et j’ai eu envie de m’occuper de moi. Je me suis plongée dans un bain bouillant, je me suis épilée, j’ai massé ma peau de crème hydratante et…j’ai peint mes ongles en rouge vif !
 
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06 février 2012

Tic tac... Tac tic...

Lundi… Cette journée a filé à une allure vertigineuse. Comme cette sale grippe m’avait obligée à me reposer, je me suis levée sans aucun problème ce matin et j’étais d’attaque devant mon PC dès 8 heures… Bon, d’accord, à 8 heures et quart, j’étais devant un mug de thé…  Mais il faut bien que j’alimente la machine ! Cela dit, après ce thé, j’ai mis mes bouchons dans mes oreilles : Apocalyptica, à fond et en boucle et je n’ai plus levé le nez ! En ce moment, j’ai du boulot à ne plus savoir où donner du neurone. A d’autres moments, je vais chercher comment m’occuper, mais là, en ce début d’année, il y a tout un tas de suivis, de stats, de trucs et de muches à mettre en route. J’aime bien. D’abord, cela m’évite de penser et puis les journées passent vite.


Pendule steampunk Alice


A midi, il y avait ce repas entre collègues, pour fêter le demi-siècle d’A. Je devais évidemment y aller, cela faisait bien un mois que j’avais donné mon accord. Mais voilà, au dernier moment, j’ai pensé que ça me gavait, que je n’avais pas vraiment envie de retrouver ces collègues en dehors du boulot, que je ne me sentais pas le courage d’entendre parler boulot en déjeunant et il y a TOUJOURS un(e) abruti(e) qui n’a aucun autre sujet de conversation. Je les ai donc laissés partir en me faisant toute petite. C’est facile de m’oublier quelque part, je fais tellement peu de bruit qu’on ne sait même pas que je suis là. Après, bien sûr, ils se sont aperçus de mon absence et C. m’a laissé un message sur mon portable pour me demander où j’étais. J’ai menti en répondant que je n’étais pas bien…

Personne ne m’a rien demandé en revenant mais ce soir A. m’a remercié d’avoir participé à l’achat de ses cadeaux et elle a souhaité me les montrer : trois superbes bouquins d’art, le catalogue de l’exposition Monet au Grand Palais, celui de l’expo de Munch à Beaubourg (sans "Le cri", un scandale !), et un autre sur la ville de Munich qu’elle veut visiter cet été. Elle était contente et n’a pas eu l’air de m’en vouloir de ne pas être allée au restaurant avec eux tous.

Donc, j’ai bossé comme une malade jusqu’à 4 heures environ, fonçant tête baissée sur une "commande" urgente et faisant des boulettes qui vont me faire perdre plus de temps que je n’en ai gagné. Et là, D. est venue me demander si j’avais servi la commande de DC, un sale con qui ne sait pas dire merci soit dit en passant. Et j’avais complètement zappé ! Et il en avait besoin dès demain ! Je m’y suis mise mais comme je déteste bâcler le travail, j’ai terminé tard et ne suis rentrée chez moi qu’à 19 heures 30. Lessivée… et un bras complètement inutilisable…

Pourquoi je vous raconte tout ça au fait ? Demain, on est le 7 février. C’est l’anniversaire de mon Petit Loup. Il ne faut pas que j’oublie de le lui souhaiter. Je sais qu’il déteste ça, qu’il va râler mais que, comme d’habitude, il me dira que "Puisque c’est moi…". Comme il me manque...

Bon, tout ça manque complètement d’intérêt ! J’ai commencé à lire "Lestat le vampire" en parallèle avec le John Irving. Je crois que je vais y aller de ce pas. Je ne sais pas encore lequel je vais choisir ce soir. A bientôt les gens ! Avec des trucs plus intéressants à dire, j’espère !



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03 février 2012

Grippe

Il fait un froid terrible, un froid à ne pas mettre un ours polaire dehors. Et j’ai la grippe ! Cela faisait des années que cela ne m’était pas arrivé. J’ai chaud, puis froid, j’ai mal partout, je vis dans un monde de coton où les sons ne me parviennent que très assourdis, je ne suis bien que dans mon lit, et encore. Et puis, j’ai une extinction de voix. Habituellement, je suis plutôt du genre "taiseux" mais là je suis carrément mutique. Si je dois répondre à une question, je suis obligée de forcer ma voix et j’ai l’impression qu’un tampon gex me lacère la gorge. Je commence quand même à émerger, même si je me sens plutôt faiblarde et vaseuse. Je vais donc vous dire deux mots de mes dernières lectures.

D’abord, je suis dorénavant persuadée que la littérature asiatique et moi, ça ne collera jamais. J’avais déjà lu quelques livres d’auteurs chinois et là, je viens de lire coup sur coup un roman et une nouvelle d’écrivains japonais. Le roman, qui a pourtant des critiques dithyrambiques, m’a ennuyée, mais ennuyée ! A chaque page, je me disais : allez, c’est maintenant, il va se passer quelque chose, ça va démarrer… Eh bien non, pas du tout. Mais c’est ainsi, de page en page, dans l’attente de ce "quelque chose" qui donnerait un sens à l’histoire que j’en suis venue à bout. Une vraie punition ce bouquin… Enfin, je le répète, ce n’est que mon avis ! Quant à la nouvelle… Sa première qualité, c’est que c’est une nouvelle et qu’elle se lit donc très rapidement. Ni queue, ni tête… Selon moi ! Je crois que mon esprit et mon éducation occidentale m’empêchent d’apprécier ce genre de littérature. Mais ce qui m’a gênée dans "Auprès de moi toujours", c’est que je trouve que c’est abominablement mal écrit ! Comme un ado qui transcrirait ce qu’il pense mot à mot. C’était peut-être le but, vu le thème, mais ça m’a horripilée ! La nouvelle, "Sommeil", je l’ai trouvée bien écrite. Juste sans queue ni tête…

Depuis, j’ai commencé le dernier John Irving, "Dernière nuit à Twisted River". J’ai découvert cet auteur américain il y a très longtemps, en lisant l’un de ses romans "Le monde selon Garp". J’ai tout de suite adoré, alors j’ai dévoré à la chaîne sa nombreuse production, suivant chacune de ses sorties. Jusqu’au "livre de trop". En 2005 est paru "Je te retrouverai". Je n’ai pas réussi à le lire. Pour en avoir discuté avec d’autres aficionados, l’opinion générale était qu’il aurait dû s’abstenir de le publier. A mon grand regret, je n’ai jamais pu le terminer… Mais rien ne dit que je ne retenterai pas ! Les histoires de John Irving se passent souvent du côté du New Hampshire, dans le monde universitaire. Mais je ne sais pas comment il se débrouille, aucune de ses histoires ne ressemble à une autre ! Et pourtant, j’ai toujours l’impression de revenir chez lui quand je commence l’un de ses romans… Enfin, si les pavés de quelques centaines de pages ne vous effraient pas, je vous conseille de le découvrir. C’est un merveilleux conteur…


John Irving


Avec tout ça, j’ai déjà perdu le tiers de mon week-end au lit !



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27 janvier 2012

Les dimanches

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Nos voisins du dessous sont un couple de vieux venant de Yougoslavie. Ils s’appellent Wolf, Eva et Philip. Pour nous, Madame Wolf et le Père Wolf. Ils ont un chien, Nougat. Il est vilain, il me fait peur mais Madame Wolf l’aime beaucoup. Elle l’appelle "Mein spatz". Ils ont aussi une ribambelle d’enfants et de petits-enfants que nous connaissons très peu, car eux aussi sont vieux et ils vivent en Belgique et au Luxembourg. Il n’y a qu’Eddy qui soit à peu près de mon âge. Je suis amoureuse de lui car il est très beau et qu’il me prête son grand vélo de temps en temps. C’est difficile d’utiliser un vélo de garçon ! Il y a la barre du cadre qui me gêne, et comme je suis petite, je suis obligée de me glisser dessous et de pédaler toute tordue. Mais j’y arrive quand même et Maman devient folle d’inquiétude quand je pars avec le vélo d’Eddy sans dire où je vais. Après, elle me donne une fessée, mais je recommence à chaque fois. Je suis une petite fille indisciplinée et dissipée, c’est ce qu’on me dit toujours.

Le Père Wolf, il élève des lapins dans des cages tout au fond du jardin. Tous les jours, il va leur donner à manger : une drôle de pâtée que prépare Madame Wolf avec du pain, du son et je ne sais pas quoi d’autre, qu’elle mélange dans une bassine avec ses mains. Il leur donne aussi des feuilles de salade. Des fois, j’ai le droit d’aller les voir. Ils sont drôles. Ils remuent sans arrêt leur dents de devant et leur petit nez se fronce en même temps. Il y a souvent des bébés. Ils sont encore plus mignons que les gros. J’essaie de les toucher en passant mes doigts à travers les trous du grillage et ils se réfugient au fond de la cage parce qu’ils ont peur. J’aimerais bien les prendre dans mes bras pour les caresser mais Maman et le Père Wolf ne sont pas d’accord. Ils n’ont pas envie de courir après eux si je les laisse échapper.

Aujourd’hui, c’est dimanche. Maman m’a réveillée tôt parce qu’il faut aller à la messe. Maman croit en Dieu et elle nous envoie prier tous les dimanches, ma sœur et moi. Elle, elle n’y va que pour les grandes fêtes comme Noël ou Pâques. Papa, lui, il n’y va jamais. Je me lève en râlant parce que j’aimerais bien pouvoir rester au lit un peu plus longtemps. Maman a préparé le petit-déjeuner. Ensuite elle fait ma toilette et elle me met les habits du dimanche. Ma sœur est grande alors elle le fait toute seule. Papa dit que ma sœur a une très jolie voix et qu’à l’église, quand on chante les cantiques, on entend sa jolie voix qui chante haut et juste. J’ai demandé à Papa si on entend aussi ma voix qui chante haut et juste, il n’a pas répondu. Nous sommes allées à la messe à pied. Ce n’est pas loin, c’est au village. Pendant les cantiques j’ai écouté attentivement mais je n’ai pas reconnu la voix de ma sœur. Quand enfin la messe est finie, nous allons chercher le pain et rentrons vite à la maison.

Dans la cour devant la maison, s’alignent les portails des jardins des familles qui vivent là. Le nôtre  est en bois, fermé par un petit loquet tout simple. Juste à côté, celui du Père Wolf est surmonté d’une espèce d’arceau en fer. Accroché à cet arceau par les pattes de derrière, un lapin finit de se vider de son sang dans une bassine en plastique. Le Père Wolf est en train de tirer sa peau vers le bas. Le lapin est à moitié nu, comme si on l’avait déshabillé de la tête à la taille. C’est obscène et ça me donne envie de vomir. Et aussi de pleurer. Je déteste la viande de lapin….


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25 janvier 2012

Expression libre...

Levée tard, le délice d’un grand lit vide et défait que l’on quitte presque à regret, l’esprit embrumé par les songes de la nuit, pas forcément sereins ce matin, mais pas non plus tourmentés au point d’effacer mon sourire. Une douche longue et réparatrice, les nuits comme les journées sont chaudes, la moiteur me fait la peau brillante, j’ai le regard un peu battu. Les quelques effets épars dans la chambre sont rassemblés sans hâte, aujourd’hui rien ne presse, demain il sera temps de reprendre le cours de ma vie et les impératifs qui s’y attachent.

Quand je quitte l’hôtel, le soleil est déjà haut dans un ciel bleu pâle, à peine dérangé par quelques nuages transparents et effilés qui volent vite, pourchassés par le vent qui donne à l’air une légèreté de jour de vacance. Les trottoirs sont encombrés de gens qui se pressent moins que d’habitude me semble-t-il, et je déambule dans cette foule riche en couleurs et en senteurs, étonnée de me sentir si aérienne. Je m’installe tranquillement dans le même bar qu’hier, les habitudes se créent vite. Je commande un petit déjeuner qui devra suffire jusqu’à mon retour, tard ce soir. Les petits pains au chocolat sont délicieux, juste cuits comme je les aime, à peine dorés, moelleux. Je lézarde, je m’amuse gentiment du serveur arabe qui répand abondamment du sel sur le pas de la porte de son bar pour exorciser le mauvais œil et qui m’explique avec du rire dans la voix et dans les yeux que j’ai tort de ne pas le croire quand il me dit qu’il a un jour a été puni de son incrédulité par une mauvaise chute.

Un peu plus de midi, le bar se transforme en restaurant alors je le quitte. Je ne sais pas encore où je vais diriger mon errance. Le métro, un peu au hasard, seul mon plaisir me dictera où aller. J’opte pour le Marais, toujours un peu au hasard. La rame de métro surchargée, la presse, et pourtant mon sourire ne me quitte pas. Il y a plein d’ados qui plaisantent, qui pouffent et qui rient, l’esprit déjà en vacances, et leur humeur s’accorde merveilleusement bien à la mienne. Tout le monde serait-il donc heureux aujourd’hui ? Je suis environnée de gens bienveillants qui me sourient… Je me trouve d’un coup nez à nez avec un petit bonhomme tout rond, rond le petit ventre qui tend un t-shirt où se dessine un personnage de manga drrrôlistique, rond le visage de pleine lune tout pareil à la petite flûtiste de mon tendre ami, rondes les petites lunettes de soleil qui cachent à peine des yeux marrons bridés qui m’envoient à leur tour un gentil regard, malicieux et complice. Et autour de moi d’un coup c’est l’Asie, ils sont montés tous ensemble, groupe d’étude ou de voyage, ils sont une bonne demie douzaine, tous pareillement hâlés, tous avec de beaux visages tout ronds éclairés d’yeux bruns et rieurs, tous avec des mines joyeuses et avenantes. Le monde m’arrive aujourd’hui à travers un miroir déformant, miroir rose, miroir bleu, kaléidoscope heureux.
 
J’émerge du métro à la station Saint Paul. Le soleil m’éclabousse, je ferme les yeux, je le laisse jouer avec ma peau… Toujours sans aucune hâte, je marche dans des rues inconnues. Un nom attire mon attention, le Village Saint Paul. La tête en l’air, autant pour laisser les odeurs m’imprégner que pour permettre au soleil de me caresser, j’avance dans cette ville inconnue et si familière pourtant, à force de lectures, d’images figées ou mouvantes qui m’ont marquée au hasard de mes déambulations virtuelles et curieuses, au fil de mes découvertes. Soudain, une odeur connue, familière et qui me transperce d’une vague d’émotion… Je stoppe mes pas et cherche du regard à identifier ce trouble. Là, devant moi, un très beau figuier qui ne portera pas de fruits cet été mais dont la présence insolite au pied de cet immeuble s’est signalée par la fragrance incomparable à aucune autre pour la méditerranéenne que je suis. Petits bonheurs éphémères et insolites sur lesquels nos meilleurs souvenirs s’appuient…
 
Rue Charlemagne, le lycée… La pierre blanche, à peine baignée de soleil, le soleil, la douceur de l’air… Les lycéens,  des adolescents comme ceux que je croise depuis ce matin, avec des regards souvent ornés de lunettes et juste un peu trop graves, des mots échangés que j’entends au vol, qui parlent de méthodes de reproduction et de voyages à l’étranger cet été… Les mêmes, pas tout à fait les mêmes, j’ai le sentiment d’avoir reculé dans le temps et de me trouver à la sortie de Saint Jo à Avignon… Douce nostalgie…

Me voici au Village Saint Paul, un énorme pavé d’immeubles en fait, séparés de ruelles, de passages, de cours, la bleue, la rouge, la verte, des boutiques d’antiquaires, des galeries d’art, des petits restaurants, des bars à vin… Un village en plein cœur de la ville. Et me voici dans l’une de ces cours pavées où j’ai soudain envie de m’arrêter un instant pour profiter du moment, juste comme ça, juste pour rien. Je m’assieds sur des escaliers de pierre protégés du soleil par l’ombre portée de l’immeuble auquel ils sont adossés, des frissons parcourent ma peau et les petits arbustes caressés par un léger souffle d’air frais… L’esprit vagabond, j’entends le bruissement des feuilles et les cloches d’une église proche qui carillonnent deux heures. Des cris joyeux précèdent deux ou trois enfants qui traversent la cour en se poursuivant. Dans la rue au-delà des maisons qui ferment cette cour dont j’ai oublié la couleur, un bus passe… Lointaine bouffée nostalgique, le bruit du moteur qui ricoche sur les immeubles me ramène dans mon pays, dans les ruelles des villages où moi aussi je courais… C’est l’été, souvenirs d’enfance, d’adolescence, là bas, si loin, si près, dans ce pays où j’étais une petite reine étrangère, débordante de vie et de lumière, invincible, insolemment heureuse. Les marches en pierre commencent à me meurtrir…


Village Saint Paul


 

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20 janvier 2012

Cobaye

Au cas où certains de vous ne le sauraient pas encore, je suis malaaadeu, complètement malaaadeu, comme quand ma mère sortait le soir…
 
Bref, je n’ai jamais voulu l’admettre mais malheureusement, pour pouvoir mener une vie à peu près normale, je suis dépendante de traitements assez lourds. Mais je n’ai pas créé ce blog pour me plaindre, quoique, des fois ça fait du bien de pleurer sur une épaule réconfortante…
 
En fait, je voulais vous parler de mon nouveau médoc. Il est en vente en France depuis à peine 1 mois et je suis pour ainsi dire un cobaye. J’ai accepté de le tester parce que tout est bon pour aller bien. Bref, hier j’étais complètement débordée au boulot et dans ces cas là, je me colle les écouteurs dans les oreilles, je monte le son et je m’isole. Et je deviens efficace. Si, si ! Je n’ai jamais été aussi efficace qu’en musique. Dans la matinée, j’ai croisé une collègue dans les couloirs (oui, parfois je fais des pauses techniques) qui m’a demandé ce qui me rendait aussi hilare. Hilare ? Moi ? Il semblerait que j’aie promené un air ravi toute la journée. Je dirais même que je devais avoir l’air carrément débile. J’admets que j’ai tendance à m’agiter en cadence quand j’écoute de la musique et que cela me donne l’air complètement allumé.
 
Mais voilà. Ce traitement me met dans un état second. Je vais bien, très bien même ! Mais je ne vis plus dans le même monde que vous. Je suis ailleurs et parfois, je n’y suis pas seule ! XD !


Posté par Feerie à 23:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]